23 août 2018
Rencontre mondiale des familles

Le témoignage de Carlos Comploy Osset (Tolède), « Affronter les crises et les blessures du mariage »

« Je m'appelle Carlos. J'ai été généré par la joie de l'amour et j'ai été créé pour la joie de l'amour. E la Cela est la fin ultime de toute ma vie ». C'est ainsi que Carlos Comploy Osset, du diocèse de Tolède, s'est présenté lors de la deuxième journée du congrès pastoral organisé à Dublin à l’occasion de la Rencontre mondiale des familles (21-26 août). Marié depuis 25 ans avec Gioia, il a trois enfants. « J'ai rencontré Gioia lors des 4ème JMJ de Saint-Jacques-de-Compostelle - raconte-t-il -. Après avoir écouté les paroles de Jean-Paul II, nous avons décidé de nous engager sur la voie de la sainteté dans le mariage. Quatre ans plus tard, nous nous sommes mariés et sommes partis en lune de miel à Rome, où nous avons eu le grand honneur de recevoir une bénédiction personnelle du Pape Woljtyla lui-même ». Un chemin apparemment sans problèmes, celui de Carlos et Gioia. Mais cela n’en a pas été ainsi.

« Quatre ans après notre mariage, après la naissance de notre deuxième enfant - dit-il - je suis tombé amoureux d’une de mes collègues de travail. Les semaines passaient et elle était de plus en plus au coeur de mes pensées. J'ai décidé de prendre la croix dans la prière quotidienne, d'en parler avec Gioia et de m'éloigner de ma collègue. Il m'a fallu neuf mois pour l'oublier, mais le Seigneur m'a permis de ne pas tacher mon mariage avec un signe d'infidélité ». Un mariage, celui entre Carlos et Gioia, fait de discussions et de moments de confrontation. « Il y a eu plusieurs occasions où il semblait que les motivations humaines nous poussaient à mettre fin à notre relation - rappelle Comploy Osset - mais nous les avons surmontées toutes grâce à l'amour pour nos enfants et à la foi en Dieu le Père providentiel. Il y a eu aussi des périodes d'obscurité sur mon cheminement de foi, et ce qui m'a poussé à avancer, c'est d’être resté fidèle à la direction spirituelle et d’avoir maintenu toujours vivant le dialogue avec ma femme ». Carlos Comploy Osset souligne que le meilleur remède pour traiter les blessures dans un rapport de couple est la réconciliation qui naît d'un dialogue sincère et respectueux de l'autre, la réconciliation avec Dieu, « les conseils désintéressés du père spirituel, qui nous connaît et nous aime », et être capable de partager ses problèmes dans un groupe de familles » où règnent la compréhension et la confiance ».

« Avoir vécu des moments de crise - poursuit Comploy Osset - nous a permis d’aider d’autres familles en difficulté. Entre 2012 et 2013, nous avons décidé de lancer le projet diocésain « Ecole de familles » en tant que responsables laïcs. Avec notre fille aînée, nous avons également participé à l’expérience missionnaire de la « Family Night » :  une nuit par mois, des familles catholiques descendent dans les rues pour annoncer l’Évangile à d’autres familles ». Il y a cinq ans et demi, l'expérience de la séparation est entrée dans la maison de Carlos et Gioia. « En février 2013, notre fille Isabel a été abandonnée par son mari - dit-il -. En 2014, le délégué de « Famille et vie » du diocèse de Tolède l'a contactée avec d'autres femmes séparées et ont créé le groupe « Santa Teresa », qui soutient des femmes séparées ou divorcées. En 2017, le groupe a été reçu au Vatican par le pape François. Aujourd'hui, Isabel mène une vie pleine et active, enracinée dans la foi en Jésus-Christ et dans son Église ». En juin de cette année, Carlos et Gioia, ainsi que 58 autres couples, ont célébré leurs noces d’argent avec une célébration dans la cathédrale à Tolède, présidée par l’évêque Braulio Rodriguez Plaza. « Nous savons tous les deux - conclut Carlos - que nous venons de la joie de l'amour et que nous nous dirigeons vers la joie de l'amour ».