14 juin 2010
Jeunes

La Croix des JMJ à la prison de Ribibbia à Rome en 2010

En 2009, 17 jeunes du Centre San Lorenzo étaient allés porter la Croix des JMJ aux victimes du tremblement de terre de L’Aquila. Ce fut un temps de grâce et de consolation intense. Désireux de continuer à être missionnaires de la Croix auprès de jeunes en souffrance, deux groupes de jeunes ont pu apporter la Croix aux détenus de la prison Ribibbia, grâce à la collaboration avec sœur Rita, sœur canossienne membre de l’aumônerie.  

Les deux premières visites eurent lieu durant le Carême 2010, dans le secteur IV regroupant des détenus impliqués dans des affaires mafieuses. Trois jeunes du Centre San Lorenzo reçurent du directeur l’autorisation exceptionnelle, donnée du bout des doigts, de venir rencontrer une vingtaine d’hommes durant deux matinées espacées d’une semaine. Lors de la première les jeunes purent faire connaissance avec les détenus, leur présenter la vidéo « la puissance de la Croix » et donner des témoignages personnels sur la place de la Croix de Jésus dans leur vie. La deuxième visite fut une très intense célébration autour de la Croix.  

Ann, jeune fille américaine étudiante à Rome, en témoigne : « Etant une fille, je ne pensais pas qu’aller dans la prison de Ribibbia avec deux garçons, en portant rien de moins qu’une croix à taille humaine, m’aurait donné le sentiment d’être en grande sécurité et en même temps humiliée devant la foi des hommes avec qui nous étions. Nous avons prié ensemble avec la Croix des JMJ sur nos épaules. En les voyant embrasser et enlacer le bois de la Croix, j’ai réalisé que j’étais porteuse de la grâce et du message que Dieu veut donner aux personnes que nous avions rencontrées. La Croix n’est pas seulement source de consolation et d’espérance, mais à travers elle Dieu invite ses enfants à retourner à la maison. »

Profondément touché par la venue de la Croix des JMJ, le directeur de la prison, après avoir porté lui-même la Croix sur ses épaules, demanda que soit organisée une nouvelle célébration destinée à tous les autres détenus de la prison. Il demanda que viennent dix jeunes et deux prêtres du Centre San Lorenzo. Cette nouvelle célébration eut lieu le 29 mai 2010. Se souvenant que Jean Paul II était venu lui-même dans cette prison pardonner à son agresseur, les jeunes du Centre San Lorenzo décidèrent de centrer la célébration sur la Réconciliation, pour que les détenus puissent toucher du doigt, à travers cette Croix, la grande Miséricorde de Dieu et recevoir ainsi une nouvelle espérance. La célébration commença par la projection de la vidéo sur la Croix, qui eut à nouveau un fort impact sur les détenus présents, profondément touchés par la force des témoignages de jeunes sur leur rencontre avec le Christ et par la vérité des paroles du Christ en Croix. Il était alors aisé de leur proposer de venir vénérer le symbole de la Passion du Christ. Ils étaient invités à écrire leurs intentions de prière, leurs anxiétés, leurs souffrances et les déposer au pied de la Croix. Les deux prêtres présents ont fait une très belle introduction au Sacrement de la Réconciliation comme la plus grande opportunité de recevoir personnellement la Miséricorde du Père. A partir de ce moment, il y a eu un flot ininterrompu de détenus demandant la confession, certains pour la première fois depuis leur enfance.  

« Pour moi, témoignage Bernard Marusic, vice-directeur du Centre San Lorenzo, c’était la plus forte manifestation que la miséricorde de Dieu est vraiment sans limite – quelque soit ce que ces gens aient fait auparavant, cela n’affecte pas la patience de notre Père bien-aimé qui désire seulement que nous revenions à lui. Voir ces hommes s’en rendre compte et faire un pas vers son Amour était profondément touchant.  En rencontrant des détenus après une heure de prière, certains (avec des yeux rouges et humides) nous ont demandé de continuer à prier et de partager avec eux leur espérance et leurs projets pour l’heure où ils seraient libérés. D’autres nous ont avoué qu’ils n’avaient pas cru que cette Croix qui a voyagé dans le monde entier puisse venir un jour dans ce lieu qui, pour tant de raisons, semble coupé du monde. Pour moi, cela m’aide à me souvenir en permanence comment le Seigneur vient à nous « là où nous sommes » et qu’il suffit de lui demander. Le Seigneur a été si bon de nous faire faire cette expérience qui nous encourage à être « missionnaires de la Croix » et à continuer à apporter la Croix des JMJ là où des jeunes souffrent comme un symbole d’espérance pour ceux qui  l’ont perdue. »

Dès à présent, un directeur d’une autre prison romaine a demandé à son tour la venue de la Croix des JMJ à l’automne prochain. Les grâces données par cette Croix ne sont pas finies !

P. Eric Jacquinet