25 août 2017
Ischia

Un témoignage qui ne restera pas sous les débris

La vie de Lina Balestrieri, brisée par le tremblement de terre lâche un exemple lumineux de dévouement aux familles et aux plus faibles

L’histoire personnelle de Lina Balestrieri, morte à 59 ans dans le tremblement de terre du 21 août qui a touché la commune de Casamicciola à Ischia, est simple mais émouvante. Lina Balestrieri a été frappée par l’effrondement d’un mur de l’église de Santa Maria del Suffragio avec sa Bible sous le bras, à quelques pas du mari, alors qu’elle se rendait chez les frères de la communauté dont elle faisait partie, pour préparer, comme chaque semaine, la Liturgie de la Parole de la paroisse. Nous tenons à lui rendre hommage pour son témoignage d’épouse et de mère chrétienne, au service des familles et de la vie.

Comme l’a rappelé Mgr. Lagnese, évêque de Ischia, Lina était membre du conseil pastoral diocésain, elle avait accueilli dans sa nombreuse famille, des enfants handicapés, et c’était une femme qui se donnait constamment pour le bien des habitants de l’île.

Une crise importante, dans les toutes premières années de son mariage, l’amena à refuser l’idée chrétienne du mariage. Mais ce fut dans cette même période que Lina, conseillée par un prêtre, commença à approfondir sa foi, pour chercher de trouver dans un rapport plus profond avec le Seigneur, la réponse à ses nombreux doutes et perplexités. Elle commença ainsi son expérience communautaire dans le Chemin néocatéchuménal qui suscita en elle le grand désir d’avoir une famille nombreuse, formée également d’enfants qui auraient traversé ses mêmes souffrances de petite fille, orpheline de mère à trois ans.

C’est ainsi qu’est née « la Lina » que beaucoup connaissent. Généreuse et ouverte à la vie, elle a accueilli quatre enfants nés de son union avec son mari Antonio, et en a adopté deux autres handicapés, reçus dans sa famille avec dévotion. C’est par sa conversion personnelle, authentique et sincère et par son expérience douloureuse des débuts de son mariage, qu’est né son fort engagement vers les familles jeunes, surtout celles en difficulté. C’est de là que sa générosité débordante a jailli au service de l’évangélisation et du catéchisme dans les paroisses de l’île. Sa maison, même de dimensions modestes, était toujours remplie, surtout le dimanche, et chacun se sentait chez soi.

« Quand le chapelet s’est terminé – a raconté son mari Antonio – nous étions prêts, avec la Parole de Dieu sous le bras, à aller préparer une nouvelle célébration de la Parole chez les frères de la communauté. Soudain, la terre a tremblé, un mur de l’église s’est effondré et j’ai vécu de manière dramatique les paroles de l’Evangile « l’un sera pris, l’autre laissé ». Le train de notre vie repart chargé de dons et de destinations avec un passager en moins mais avec un guide sûr au ciel ».